Force des Plantes

L'herbier des plantes qui accompagnent le quotidien
Repères — Savoir lire

Lire une étiquette d'extrait de plante

Petit guide à l'usage de l'acheteur attentif
Loupe posée sur l'étiquette d'une boîte en carton kraft, sur une table en bois

Deux boîtes côte à côte, même plante annoncée, prix du simple au quintuple. La différence ne se lit pas sur le devant du paquet, mais au dos, dans les quelques lignes que personne ne lit. Voici de quoi les décoder — l'exercice prend trente secondes une fois qu'on sait où regarder.

1. Le nom latin complet

C'est le premier réflexe, et il élimine déjà beaucoup de produits. « Ginseng » ne veut rien dire : s'agit-il de Panax ginseng, de Panax quinquefolius, ou d'Eleutherococcus senticosus ? Trois plantes, trois compositions, trois prix. Une étiquette qui se contente du nom commun laisse volontairement le doute s'installer.

2. La partie utilisée

Racine, feuille, fleur, graine, écorce : au sein d'une même plante, les compositions n'ont rien à voir. L'ashwagandha des textes traditionnels, c'est la racine ; un extrait de feuilles n'est pas la même chose et coûte bien moins cher à produire. Quand la partie n'est pas précisée, il y a généralement une raison.

3. Le ratio d'extraction

Souvent noté « 4:1 » ou « 10:1 ». Cela signifie qu'il a fallu quatre — ou dix — parts de plante sèche pour obtenir une part d'extrait. Plus le ratio est élevé, plus l'extrait est concentré. Attention toutefois : un ratio élevé n'est pas automatiquement un gage de qualité, car la concentration dépend aussi du solvant et du procédé. C'est une information utile, pas une note.

4. La standardisation

C'est le critère le plus parlant. Une étiquette sérieuse indique la teneur garantie en composés caractéristiques : « extrait standardisé à 3 % de rosavines », « à 5 % de withanolides », « à 20 % de ginsénosides ». Cela signifie que le fabricant contrôle et garantit ce qu'il vend. À l'inverse, une simple poudre vendue au poids ne garantit rien du tout sur son contenu réel.

Le piège du « dosage » affiché en gros. « 1000 mg » sur le devant d'une boîte peut désigner un équivalent en plante sèche, obtenu par calcul à partir d'un extrait bien plus petit. Le chiffre qui compte est celui de l'extrait réel et de sa standardisation, au dos.

5. La liste complète des ingrédients

Un complément contient rarement que la plante annoncée. Excipients, agents de charge, anti-agglomérants, enveloppe de la gélule (gélatine d'origine animale ou HPMC végétale) : tout doit figurer. Une liste courte et lisible est généralement bon signe ; une liste longue mérite un coup d'œil.

6. Ce qui doit obligatoirement y être

Pl. X Rhodiola rosea L.partie utilisée : racineextrait 4:13 % de rosavinesingrédientsmentions obligatoireslotà consommer avantabcdef
Le dos d'une boîte, ligne par ligne
  1. a.Le nom latin complet, et non le seul nom courant.
  2. b.La partie de plante employée.
  3. c.Le ratio d'extraction : ici quatre parts de plante pour une part d'extrait.
  4. d.La teneur garantie en composés caractéristiques.
  5. e.Tous les ingrédients, enveloppe de la gélule comprise.
  6. f.Dose journalière, publics déconseillés, exploitant, numéro de lot, date.

Étiquette composée pour l'exemple. Elle ne reproduit aucun produit du commerce.

Le test des trente secondes

Retournez la boîte. Cherchez le nom latin, la partie utilisée, la standardisation. Si les trois y sont, vous avez affaire à un produit dont le fabricant assume ce qu'il vend. S'il en manque deux sur trois, le prix bas s'explique tout seul — et l'économie n'en est pas une.

Références

Pour confronter cette planche à des sources de référence :

Retour à l'herbier