Force des Plantes

L'herbier des plantes qui accompagnent le quotidien
Planche n°1 — Racines des montagnes

La rhodiola, plante des pays du froid

Rhodiola rosea L. — famille des Crassulacées
Fleurs jaunes de Rhodiola rosea en rosette, feuilles charnues

Photo : Wikimedia Commons (domaine public)

Il faut imaginer une plante qui pousse là où presque rien ne pousse : falaises battues par les vents de Sibérie, éboulis de Scandinavie, pentes d'altitude des Alpes et d'Islande. La rhodiola — que les traditions appellent aussi « racine d'or » ou « racine arctique » — est une petite plante grasse aux fleurs jaunes, dont la racine dégage une odeur de rose quand on la coupe. C'est elle, cette racine, que les cultures du Nord se transmettent depuis des siècles.

Une longue histoire nordique

Les Vikings l'auraient consommée avant les traversées, les Sames de Laponie l'ajoutaient à leur alimentation d'hiver, et la médecine populaire russe l'a rendue célèbre : au XXᵉ siècle, des chercheurs soviétiques l'ont étudiée de près pour accompagner les cosmonautes, les sportifs et les travailleurs des grands froids. C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'est né le mot « adaptogène », dont la rhodiola est devenue l'un des exemples les plus connus — nous racontons cette histoire dans la planche consacrée au mot « adaptogène ».

Ce qu'on utilise, et sous quelles formes

Repère de lecture d'étiquette : une mention claire de l'espèce (Rhodiola rosea — il existe des espèces cousines moins documentées), de la teneur en rosavines/salidroside et de l'origine de la racine est bon signe. Une étiquette muette sur ces trois points en dit long.

Les précautions de bon sens

Comme toute plante active, la rhodiola n'est pas un bonbon. Les usages traditionnels la déconseillent le soir (elle est réputée plutôt tonique), et toute personne suivant un traitement, enceinte ou allaitante, devrait en parler à un professionnel de santé avant d'en consommer. Une plante se respecte — c'est même ce qui la rend intéressante.

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